Face à TotalEnergies, Solidarités met l’urgence climatique au cœur du combat social

À Genève, des militant·es de Solidarités ont ciblé TotalEnergies pour dénoncer le rôle des multinationales fossiles dans la crise climatique et les privilèges dont bénéficie le secteur du négoce. Une action qui rappelle une évidence écosocialiste : on ne peut pas combattre le dérèglement climatique sans s’attaquer aux intérêts économiques qui l’alimentent.

Début août, des militant·es de Solidarités Genève se sont rassemblé·es devant les bureaux de TotalEnergies Trading SA à Meyrin. Leur objectif : rendre visible la responsabilité politique et économique des grandes entreprises du secteur fossile dans l’aggravation de la crise climatique.

Cette mobilisation mérite notre soutien. Alors que les épisodes de chaleur extrême deviennent de plus en plus fréquents, Solidarités refuse de présenter la catastrophe climatique comme une fatalité abstraite. Le mouvement pointe au contraire les choix économiques qui continuent d’orienter des sommes considérables vers les hydrocarbures, tout en rappelant que les conséquences de ces choix sont profondément inégalitaires.

La crise climatique est aussi une question de classe

Lors de l’action, la militante de Solidarités Pardis Pouranpir a insisté sur le lien entre investissements fossiles, émissions de gaz à effet de serre et multiplication des canicules. Elle a également souligné une dimension essentielle : tout le monde ne subit pas le dérèglement climatique de la même manière. Pendant que certains secteurs accumulent les profits, d’autres vivent et travaillent dans des conditions toujours plus difficiles sous l’effet de la chaleur.

C’est précisément là que l’approche de Solidarités rejoint le combat écosocialiste. La question écologique ne peut pas être séparée de la question sociale. Demander aux individus de modifier leurs comportements tout en permettant aux multinationales de poursuivre le développement des activités fossiles ne constitue pas une politique climatique sérieuse.

La transition doit s’attaquer aux structures économiques qui produisent les émissions, mais elle doit également protéger celles et ceux qui disposent du moins de ressources pour faire face aux conséquences du réchauffement.

Les multinationales fossiles ne doivent plus dicter les règles

Les militant·es ont également dénoncé la politique fiscale genevoise à l’égard des grandes sociétés de négoce. Selon les déclarations rapportées par Le Courrier, Solidarités demande un durcissement des règles cantonales concernant les filiales de TotalEnergies et les autres entreprises actives dans le commerce des hydrocarbures.

Cette bataille est fondamentale. Genève occupe une place importante dans le commerce international des matières premières. Une véritable politique climatique implique donc aussi de regarder ce qui se passe derrière les façades des sociétés de trading installées dans le canton.

Il n’est plus acceptable que les collectivités publiques demandent des efforts toujours plus importants à la population tout en maintenant des conditions particulièrement favorables aux acteurs économiques qui continuent de tirer leurs revenus du pétrole et du gaz.

« Pas d’été à 50 degrés »

L’action devant TotalEnergies s’inscrit également dans une mobilisation plus large. Solidarités participe à l’appel « Pas d’été à 50 degrés », avec plusieurs dizaines de partis et d’associations romandes, autour d’une manifestation annoncée pour le 19 septembre.

Parmi les mesures mises en avant figurent la végétalisation des villes, une meilleure isolation des bâtiments et la protection des personnes travaillant à l’extérieur pendant les épisodes de chaleur intense.

Ce sont des revendications concrètes qui montrent que l’écologie peut améliorer immédiatement les conditions de vie. La lutte climatique n’est pas une politique de privation : elle peut signifier des logements mieux isolés, des villes plus respirables, de meilleures protections au travail et des investissements publics orientés vers les besoins sociaux plutôt que vers la rentabilité du capital fossile.

Notre solidarité avec celles et ceux qui agissent

À la fin du rassemblement, les participant·es ont fait l’objet de contrôles d’identité par la police. Solidarités a ensuite dénoncé le fait que ses militant·es aient été menacé·es d’une amende pour une action consistant notamment à déployer une banderole et afficher des messages.

Face à l’urgence climatique, nous avons besoin de davantage de mobilisations de ce type, pas de moins.

Nous saluons donc l’action de nos camarades de Solidarités. En désignant clairement les intérêts économiques derrière la poursuite du modèle fossile, leur mobilisation contribue à construire une écologie de lutte : sociale, démocratique, anticapitaliste et résolument tournée vers la transformation de la société.

Car empêcher des étés à 50 degrés ne passera pas uniquement par des petits gestes individuels. Cela nécessitera de construire un rapport de force capable de mettre les besoins humains et la protection des écosystèmes avant les profits des multinationales fossiles.

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